lundi 1 février 2010

"Légende de la bague royale" de Baruch Haday

Le Roi Salomon, l’homme le plus sage de la terre, avait parmi ses serviteurs un favori. Pourquoi? Parce qu’il faisait parfaitement tout ce qu’il lui demandait de faire. Mais les autres serviteurs du palais devinrent très jaloux. Le Roi savait que la jalousie est un vilain défaut et qu’il devait y mettre fin.
Aussi décida-t-il de confier à son serviteur un travail impossible à exécuter. Quand il constaterait que le serviteur n’avait pas réussi dans sa tâche, il le convoquerait devant tous les autres et le remettrait à sa place afin que tout le monde jouisse du même traitement et qu’il n’y ait plus de jalousie dans le palais.

Ainsi le Roi appela son serviteur un mois avant la pâque juive et il inventa une histoire. Il dit à son serviteur qu’on lui avait parlé d’une bague spéciale qui avait ce caractère particulier: quand on la portait dans la tristesse, on devenait heureux, et quand on la portait dans la joie, on devenait triste. Le Roi dit: “Je la veux. Peux-tu la trouver?”
“T’ai-je jamais déçu?” répondit le serviteur. “Bien sûr, je peux la trouver!”
“Très bien” dit le Roi. “Apporte-la moi le premier soir de Pâques.”

“Pâques?” demanda le serviteur “c’est dans un mois, je peux vous l’apporter dans deux jours.”
“Non, non” dit le Roi, “offre-la moi pour Pâques et donne-la moi le soir du dîner de Seder.”
“Oui, mon Roi”, dit le serviteur.
Celui-ci choisit des amis, les divisa en quatre groupes dont un partirait vers le Nord, un autre vers le Sud, un autre vers l’Est, un autre vers l’Ouest. Il leur dit: “allez votre chemin, arrêtez quiconque et parlez-lui de la bague. S’il sait quelque chose ou a entendu parler de quelque chose, revenez me le dire. Ainsi nous pourrons aller chercher la bague et la rapporter au Roi.”

Au bout de deux ou trois jours la première mission revint mais “Nada” (bien sûr puisque le Roi avait fabriqué l’histoire de toutes pièces et qu’une telle bague n’existait pas).
La seconde mission revint bredouille, de même que la troisième et la quatrième. Trois semaines s’étaient maintenant écoulées et le serviteur devint de plus en plus nerveux. Le “Seder” devant avoir lieu dans une semaine, il devait lui-même trouver la bague. Il allait de place en place, de village en village, de ville en ville, de maison en maison, de porte en porte, ne dormant plus, ne mangeant plus, posant à chacun la même question mais “Nada”. La veille du “Seder”, il revint à Jérusalem mais il avait peur de se retrouver au palais, chacun parlait de lui et disait qu’il était devenu fou.
Il se retrouva par hasard dans le quartier le plus pauvre de la ville et là, au fond d’une allée, il aperçut une toute petite échoppe à l’intérieur de laquelle se trouvait un vieil homme, un joaillier.

Il se dit en lui-même “si j’arrive pas à trouver la bague peut-être ce vieil homme pourrait-il la fabriquer? De toutes façons je n’ai plus rien à perdre, je vais lui poser la question.”
Il entra dans la boutique et dit à l’homme: “le Roi désire une bague qui rende triste quand on est heureux et heureux quand on est triste. Peux-tu fabriquer une telle bague?”
Le joaillier réfléchit une seconde et répondit: “bien sûr, c’est un jeu d’enfant.” Il prit une des bagues qui était sur la table et y grava quelque chose en hébreu.
Le serviteur était un esclave et il ne savait pas lire. Il prit la bague et s’en fut.Au palais, tout le monde était au courant de l’histoire et attendait la suite avec impatience. Le Roi était présent, un grand sourire sur le visage. Le serviteur était dans un coin, priant pour que le roi ait oublié son voeu. Mais le Roi lui fit signe d’avancer. Silence. Chacun tentait de s’approcher pour mieux entendre. Le serviteur était terrifié, il vint auprès du Roi en tremblant, les yeux rivés au sol. Le Roi sourit et lui demanda: “Alors, tu as la bague?”
Le serviteur était si effrayé qu’il murmura d’une voix brisée: “J’espère, mon Roi...”
“Je n’entends rien” dit le Roi.
“J’espère” dit le serviteur plus fort.
“Tends-la moi”, dit le Roi. Le serviteur lui donna la bague d’une main tremblante. Le Roi la prit avec le même grand sourire et la mit à son doigt puis il lut ce que le vieil homme avait gravé. Son visage devint triste tout-à-coup. Quand le serviteur se rendit compte de la tristesse de son Roi, il sut qu’il avait trouvé la bague inespérée.
Sur la bague étaient inscrits ces quelques mots en hébreu “Gam Ze Ya-avor”, ce qui veut dire:“Cela aussi passera

samedi 30 janvier 2010

L'oubli de Présence

"La vie se passe en absences, on est toujours entre le souvenir et l'espérance..."

Marie de Vichy Chamrond, Marquise Du Deffand

jeudi 28 janvier 2010

Chercher l'amour

"Ta tâche n'est pas de chercher l'amour, mais simplement de chercher et trouver tous les obstacles que tu as construits contre l'amour."

Mawlana Jalal-ud-Din Rumî

samedi 23 janvier 2010

Art de vivre

Le véritable art de vivre n'est pas la connaissance mais la réceptivité au mystère.

vendredi 22 janvier 2010

Nos libertés

Le monde dans lequel nous nous sommes incarnés nous offre 3 libertés :
1) Celle de choisir notre chemin et les évènements qui le jalonnent
2) La manière de recevoir ces évènements
3) La possibilité d’éclairer, de revisiter notre passé. Donc de modifier notre mémoire et ainsi changer efficacement le monde dans lequel nous évoluons c'est à dire la représentation que nous en avons.

A cette triple liberté nous répondons le plus souvent par la peur, la souffrance ou la loyauté familiale.

Toussaint Corticchiato

samedi 16 janvier 2010

Être en relation

"Une idée longtemps prédominante en biologie a été que la disparition de nos cellules – comme notre propre disparition en tant qu’individus – ne pouvait résulter que d’agressions de l’environnement, d’accidents, de destructions, de famines, d’une incapacité intrinsèque à résister au passage du temps, à l’usure et au vieillissement. Mais au long de cent cinquante ans d’interrogations, de perplexité et de recherches qui se sont longtemps poursuivies dans l’obscurité avant d’émerger en pleine lumière, la réalité s’est progressivement révélée de nature plus complexe et plus paradoxale.

Aujourd’hui nous savons que toutes nos cellules possèdent, à tout moment, la capacité de déclencher leur autodestruction, leur mort prématurée, avant que rien, de l’extérieur, ne les détruise. C’est à partir de leurs gènes – de nos gènes – que nos cellules produisent les « exécuteurs » moléculaires capables de précipiter leur fin, et les « protecteurs » capables un temps de neutraliser ces exécuteurs. Et la survie de chacune de nos cellule dépend, jour après jour, de la nature des interactions provisoires qu’elle est capable d’engager avec d’autres cellules de notre corps, interactions qui seules lui permettent de réprimer le déclenchement de l’autodestruction.

Une cellule qui a vécu un jour, un mois, ou un an dans notre corps est une cellule qui, pendant un jour, un mois ou un an, a réussi à trouver dans son environnement les molécules, fabriquées par d’autres cellules, qui lui ont permis de réprimer son autodestruction. Une cellule qui commence à mourir dans notre corps est, le plus souvent, une cellule qui, pour la première fois, vient de cesser de trouver dans son environnement les molécules nécessaires à la répression de son autodestruction.
Ces données ont commencé à modifier les représentations que nous nous faisons de la mort. À l’image ancienne de la mort comme une faucheuse, surgissant du dehors pour détruire, s’est surimposée, au niveau cellulaire tout du moins, une image nouvelle, celle d’un sculpteur, au cœur du vivant, à l’œuvre dans l’émergence de sa forme et de sa complexité. Et ces données ont aussi commencé à modifier les représentations que nous nous faisons de la vie, au niveau tout du moins des cellules qui nous composent.

Nous percevons habituellement la vie comme un phénomène positif, qui va de soi, mais ces notions que je viens d’évoquer suggèrent qu’elle résulte de la négation continuelle d’un événement négatif, de la répression continuelle d’une autodestruction. Nous percevons habituellement la vie comme un phénomène individuel – une cellule vit – mais ces notions suggèrent que la vie a aussi une dimension collective. En d’autres termes, lorsque nous observons une cellule et que nous nous demandons quels sont les éléments qui sont à la fois nécessaires et suffisants à sa survie, nous ne pouvons pas véritablement répondre si nous oublions qu’une partie de la réponse est « la présence d’autres cellules ».
Nous sommes des sociétés cellulaires dont chacune des composantes vit en sursis, et dont aucune ne peut survivre seule. Et c’est de cette précarité même, de cette fragilité, de cette vulnérabilité et de l’interdépendance absolue qu’elles font naître que dépend notre existence en tant qu’individu."
JC AMEISEN

lundi 4 janvier 2010

Un outil de croissance

"Si quelqu'un me guérit et me retire mon mal, j'entends aussi qu'il me hisse au niveau de conscience que j'aurais atteint si j'avais moi-même résolu ce que ce mal devait m'apprendre. Sinon, s'il me laisse dans le même état de conscience après m'avoir retiré mon mal, il me vole l'outil de ma croissance que peut être cette maladie."

Yvan amar